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Beaucoup d’innocents bambins de ma génération ont été, d’une manière ou d’une autre, marqués par le dessin animé de Disney Alice au Pays des Merveilles. Nombreuses sont les raisons d’un trauma dont les formes varient, à l’âge adulte, en fonction des individus : Alice, grandissant sans limite dans une petite maison a suscité, chez certains d’entre nous, la peur des espaces confinés. La chenille fumeuse de chicha a, quant à elle, fait naître pour d’autres, la fumiphobie ou peur de la fumée (cela dit, cette bestiole accordéon a su aussi déclencher un phénomène d’identification de masse !) … Le lapin en retard lui, a créé des angoissés chroniques de la montre, la chat de Cheshire, au sourire un tantinet pervers, des ailurophobes, … et je ne parle même pas des effets produits par la reine folle qui veut couper des têtes à tout bout de champ ou des buveurs de thé perpétuels qui se souhaitent sans cesse un joyeux non-anniversaire …

Bref, ce dessin animé avait de quoi nous rendre tous pantophobes ou psychopathophobes. C’est, pour ma part, l’horrible histoire du morse et du charpentier, racontée par les deux frères tarés avec un drapeau sur leur casquette, qui m’a traumatisée. Elle raconte le destin tragique d’une ribambelle de petites huitres curieuses et non conscientes de susciter les appétits les plus féroces. Ces pauvres petits mollusques à chaussons me fendaient complètement le cœur, me seraient l’estomac, m’arrachaient presque un petite larme. Elles étaient si petites, si naïves, si … délicieuses même sans sauce. Je m’identifiais un peu, de là viennent sans doute certains de mes problèmes, à ces bestioles à coquilles.

Puis il a fallu grandir et devenir plus ou moins raisonnable. Ma première huître, je m’en souviens, est très mal passée. Je me sentais sans doute légèrement coupable, encore imprégnée inconsciemment par des images de mon enfance. Je la sentais, je vous le jure, descendre lentement le long de ma gorge comme si elle cherchait, on la comprend, à retarder le moment du grand saut. Bref, une lente agonie, et pour elle et pour moi et je n’ai plus réitéré l’expérience avant d’avoir totalement refoulé l’image angélique des huîtres d’Alice. Mais lorsque j’y ai regoûté, c’est moi, alors, qui étais au pays des merveilles ! Bref, tout cela pour vous dire que je suis devenue, avec les années, un morse goulu sans scrupule. « Si vous saviez comme je vous aime, vous êtes à croquer …« 

 Qui, de la gourmandise ou de la curiosité est le pire des péchés ? Qu’importe la réponse, à moi le passage par la case « purgatoire ».

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